
Vendredi 11 mars 2011 Les témoignages des étudiants |
- Tomie M
- Yukari S
- Emi Y
- Yukari H
- Shigueru F
- Yushi U
Quand je me suis reposée après le déjeuner, comme d'habitude, j'étais au 10ème étage dans un grand bâtiment à côté de la gare de Sendaï, tout à coup, ce n'était pas habituel, le tremblement de terre est venu.
C'était vraiment terrible. On n’avait jamais eu d’expérience cemme celle-ci avant. Il a continué pendant 5mn avec des bruits terribles et des cris des gens. Et après, coupure totale d’électricité, ça sentait le gaz. J'étais certaine que c’était la catastrophe, j'ai pensé que je mourais.
Ce soir-là, il faisait très froid sans le chauffage. Il faisait vraiment noir sans l’électricité. Et puis l'eau courante s'est arrêtée. Donc on ne pouvait plus boire d’eau, on ne pouvait plus utiliser les toilettes.
Chez moi avec mon copain, je n'ai pas pu prendre contact avec mes parents ; les lignes étaient coupées.
On n’avait pas du tout d'information.
C'était incroyable que tous les fonctions de ville étaient arrêtées.
Après deux jours, l’électricité est revenue, j'ai pu allumer la télé, enfin. J'ai vu l'image du tsunami, et j'ai appris l'accident de la centrale nucléaire de fukushima. J'ai reçu un rude choc. Et j'ai pensé que les informations téléviséees étaitent vraiment mauvaises. C'était pour les gens de Tokyo. On ne pouvait pas voir les infos. On ne savait pas qu’un tsunami avait eu lieu. Enfin quand je l'ai vu, il n'y avait pas d'information sur nous. Je n'ai pas su que faire. Je n'ai pas eu d’informations sur la radioactivité.
Les Tokyoïtes, par manque de solidarité achetaient les aliments et l’eau sans radioactivité. J'étais très étonnée et je me suis découragée. A ce moment-là, dans le Tohoku, tous les magasins étaient encore fermés.
Après quelques jours quelques magasins ont ouvert. Il faisait très froid, il neigeait très fort, on etait en colère mais on a fait la queue poliment. On a su que les autres, les patrons de magasins et les vendeurs, tous les survivants ont aussi subi des dommages. On s'est aidés mutuellement.
C'est tragique pour tous les survivants. L’ordinaire du quotidien devenait rare et exceptionnel. J'ai compris que nous ne vivons pas tout seul. Je changerai ma façon de vivre.
Tomie Murata
Je vis maintenant, mais si pas hasard j’étais à côté de la mer je serais peut-être morte.
En fait un collegue d’une amie est mort de cette facon.
La mort est toujours à côté de moi, je crois, je dois vivre ma vie sans regret.
Je dois commencer dès maintenent à faire ce que j’ai vraiment envie de faire.
Après le tremblement de terre, nous n’avons pas pu vivre comme avant (l’électricité, le gaz, l’eau étaient coupés.)
Enfin notre vie est restaurée. Quand l’eau chaude est sortie du robinet, j’étais très contente. Surtout le gaz, on attendait encore son rétablissement 1 mois après le séisme
Grâce aux employés du gaz venus d’autres départements éloignés pour nous aider, le gaz a été remis en service.
Un employé du gaz qui venait de Hiroshima est venu chez moi vers 21 heures, il travaillait avec prudence, il travaillait tard. Il a dit qu’il descendait dans un hôtel dans un département à côté de Miyagi.
C’est à 2 heures en voiture, donc je pense que peut-être, il n’a pas bien dormi.
Souvent je voyais des catastrophes, partout dans le monde, à la télévision,
J’ai pensais seulement « C’est dur », mais je n’ai rien fait.
Maintenant je regrette.
Je devenais une victime. Je me sentais connectée avec les gens du monde qui offraient beaucoup de soutien.
J’ai senti que la charité était universelle et que les différences de culture et de langue disparaissaient.
Je n’ai rien perdu dans la catastrophe donc je peux rester positive.
mais il y a beaucoup beaucoup de gens encore qui mènent une vie pénible,
j’espère que les vies de ces gens reviennent à la normale le plus vite possible.
Et j’exprime ma gratitude aux personnes dans le monde.
Merci beaucoup.
Yukari Sato
Ce jour-là.
Ce jour-là, je travaillais chez moi.
On a entendu un grondrement de la terre. J’ai descendu l’escalier, je suis restée devant la porte. J'avais les genoux qui tremblaient, j’entendais les battements de mon coeur. " C’était très long"
Aussitôt, me sentant vivante, mon corps s’est remis en action. J’étais débordée par nos devoirs, nous les survivants. Il n'y avait pas le temps de pleurer. Les vaisselles étaient cassées, des fissures dans les murs, beaucoup de choses tombées. Une panne d'électricité nous a plongé dans la nuit noire, plus d'eau, plus de gaz, plus de téléphone. En plus, il est probable que celles-ci se prolongent... J'ai tiré ma famille du désastre sismique.
Quand, je me suis efforcée de rester vivante, j'ai écouté le journal qui disait : « fort temblement de terre de degré VII. Fuyez ! TUNAMI, TUNAMI, TUNAMI...» Je me croyais dans un film, pas dans la réalité. Cette nouvelle m'a plongé dans un profond désarroi, mais... au travail !
La nuit tombée, j'ai eu peur des répliques. Je suis sortie, j’ai regardé en l'air. Les étoiles étaient là. Le ciel fourmillant d'étoiles. Les étoiles existent, là tous les soirs. Mais je ne savais pas. Quelles sont belles ! Quelle sont belles ! Je pense que beaucoup de tués faisaient des étoiles. Les survivants n'avaient pas le temps de pleurer. Je me suis sentie vivante !
Emi Yokoyama
J'habite dans le sud de Sendai.
Au moment du tremblement de terre,
je travaillais dans une banque de cinq étages.
Une forte secousse a duré environ trois minutes, j'étais sous le bureau.
Vraiment, c'était terrible et j'ai remarqué que l’immeuble s’est écroulé par endroits. Puis je suis rentrée à la maison à pied. Ça a pris une heure et demie à cause d'une coupure d'électricité. Les transports en commun étaient à l’arrêt et il faisait nuit noire dans Sendai. Les seules lumières étaient les lumières des phares des voitures.
Heureusement, ma maison n'a pas été endommagée, mais il n’y avait pas d'électricité pendant 7 jours, et pas de gaz pendant 36 jours !
Ensuite on ne pouvait pas prendre d’essence ni acheter de produits alimentaires parce que les routes et les ports n’etaient pas praticables a cause du tremblement de terre. Je faisais la queue au supermarché pendant quatre heures avec ma mère pour acheter à manger. Maintenant, Sendai revient a la normale.
Yukari Hirano
Une fille courageuse
Une jeune fille a dit en souriant courageusement, au journal télévisé, qu’elle se proposait de vivre de toutes ses forces pour ses parents et son frère qu’elle avait perdus en un instant dans le tsunami du 11 mars. Pourquoi est-ce qu’elle pouvait parler de son futur sans tristesse ? Moi, je ne pouvais que rester figé sur place sans aucun mot quand je regardais directement les ruines de sa ville après ce raz de marée. Vanité des vanitiés, et tout n’est que vanité. Mais elle parlait véritablement de sa résolution en souriant. Bien sûr, on pourrait devenir gai quelques semaines après un désastre ou une souffrance. C’est « la phase d’exaltation ». Je pense qu’elle devait se lamenter en coulisse sur la mort de toute sa famille et sa solitude. Mais elle pensait peut-être que ce n’était pas le moment de se lamenter et qu’elle devait vivre courageusement au lieu d’étre triste. Cela donne beaucoup de courage à tous les japonais. Et en outre bien des hommes du monde entier aussi nous encouragaient et nous envoyaient des secours. Tous les chemins mènent au Japon avec plein de gentillesse. En les récompensant, nous ferons donc de notre mieux pour relever notre pays.
Shigueru Fujiki
Le 11 mars, beaucoup de monde est mort et un grand nombre d’entre eux ont été tués par un tsunami incompréhensible : homme bon, malfaiteur, honnête homme, menteur, personne dévote, irréligieux, riche, pauvre, vieux, jeune, même des enfants ... personnes en tout genre. Je me suis demandé : « Pourquoi ont-ils dû mourir ? Est-ce que Dieu les a abandonnés ? Est-ce qu’ils n’avaient pas de chance ? Est-ce qu’ils étaient destinés à mourir ? » Je me suis finalement aperçu qu’il était inutile d’y penser. Un grand tsunami les a tués simplement. C’est tout. Maintenant quelques choses antiscientifiques ne peuvent pas me convaincre.
Je ne peux pas supporter notamment les morts d’enfants, quand même. Quelle inhumanité ! Ils sont les plus fragiles. Un jour, mon amie française ayant des amis japonais, connaissant bien le Japon et chérissant toujours les enfants m’a envoyé de l’argent avec un message : « Profitez-en pour n’importe quelles victimes ! » J’ai passé la totalité tout de suite à une organisation à but non lucratif pour aider les enfants. Moi, je ne veux plus voir leur visage triste. Ils sont notre trésor et notre avenir. Le visage souriant leur va bien !
Yushi Ushizawa

